[LC] « Les Heures souterraines » de Delphine de Vigan

Publié le par Reveline

lesheuressouterraines 248 pages, Editions Le Livre de poche (2011)

 

Plaisir de lecture 51784277

 

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Les Heures souterraines est un roman vibrant et magnifique sur les violences invisibles d’un monde privé de douceur, où l’on risque de se perdre, sans aucun bruit.

 

Mon Avis

 

Le style


La narration alternée Mathilde/Thibaut équilibre un récit écrit à l’économie mais sporadiquement porteur de charmantes fulgurances.

 

Le sujet


La description de la vie en entreprise est pertinente de même que la vie sociétale du vingt-et-unième siècle est très bien restituée.

 Mais pour le reste que c’est plat ! Il ne se passe rien. Le seul intérêt est peut-être de savoir comment les deux vont se rencontrer et encore…

 

L'ensemble est très répétitif, qu’il s’agisse des brimades successives que subit Mathilde à son travail en cette journée du 20 mai ou des visites médicales qu’effectuent Thibaut. Tout cela est ennuyeux.

 

Les personnages


Je les ai pris en grippe dés le départ. Geignards, faibles, passifs, ils sont agaçants surtout Mathilde. J’ai trouvé néanmoins les interventions de Thibaut un peu plus intéressantes.

 

 En conclusion


Globalement nous avons affaire à une lecture frustrante dont on attend en vain quelque chose qui ne vient pas. Ce roman repose trop sur les possibles et ne concrétise rien.

Une grosse déception pour moi.

 

D'autres avis chez

 

Anne (depocheenpoche) ,Valou (Les quotidiennes de Val), Sharon (Le Blog de Sharon), Pyrausta (Le méli mélo de Pyrausta), Fafa (Au Fil des lignes), George (Les livres de George), Mélo (Les songes et les livres de Mélo), Anis (Litterama) et Quartier Livre

Publié dans Romans Français

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Canel 01/08/2011 10:39



Bonjour Reveline,


"Geignards, faibles, passifs"... 


Je dirais plutôt dépressifs, vraiment au fond du gouffre.


"Faibles" ? c'est l'éternel débat sur la dépression, quand on n'y a pas été confronté dans son entourage, on peut y voir en effet un laisser-aller, un manque de courage, de volonté, de niaque.
C'est bcp + complexe en réalité. 


Idem pour le suicide, d'aucuns y voient de la lâcheté, je pense au contraire que cela exige un courage immense, pour mettre fin à une souffrance indicible.


Le harcèlement, l'isolement au travail sont des situations extrêmement éprouvantes qui peuvent pousser les gens au suicide (l'actualité en témoigne). L'individu perd toute confiance en soi,
toute dignité humaine, il ne sait plus s'il est vraiment fautif ou si l'on s'acharne sur lui par sadisme, vengeance (c'est le cas de Mathilde), il est complètement déstabilisé.


J'ai eu la chance d'entendre l'auteur discuter de cet ouvrage lors d'une rencontre organisée par une librairie, elle a connu une situation analogue, et a recueilli bcp de témoignages de gens en
grande souffrance professionnelle pour écrire cet ouvrage.


PS : un de mes proches accueille tous les jours des salariés en souffrance professionnelle dans le cadre de son métier. Il a très rarement affaire à des geignards, des simulateurs.


 



Reveline 01/08/2011 14:04



Bonjour Canel,


Merci de me donner ton point de vue mais justement sache que ma situation familiale fait que je suis confrontée chaque
jour à la dépression suite à un harcélement moral au travail et que justement avec cet exemple sous les yeux en permanence, je suis bien placée pour te dire que ces personnages n'ont rien de
commun avec des personnes réelles qui tentent de s'en sortir chaque jour ! Je confirme donc mon avis sur ce roman 


Quant au suicide, pour moi il est bien plus courageux de continuer à se battre et à essayer d'avancer malgré ses problèmes que de se tuer. Le suicide c'est de la faiblesse à mes yeux. De la
lâcheté, on se tue et on laisse sa "merde" à ceux qui restent. Avec tous les drames que j'ai déjà connu dans ma courte vie et mes gros problèmes de santé, j'aurai pu tomber dans la dépression
voici longtemps et même me suicider mille fois. Mais je ne veux pas céder à la facilité et je continue à me battre comme je peux malgré tout.



Philippe D 10/06/2011 05:54



Je ne connaissais pas Delphine de Vigan. Je viens de terminer ce livre-ci que j'ai bien apprécié mais je le trouve un peu plat.


Je lis maintenant "No et moi"; l'histoire est bien trouvée mais je le trouve encore plus pas.


Je pense que l'auteur manque de rythme.


Bonne journée.



George 30/05/2011 15:08



un avis très négatif ! je n'ai pas détesté les personnages même si celui de Thibault me semble un peu superflu et si
j'aurais préféré que l'auteur s'en tienne à Mathilde, j'ai été gênée un peu par un style trop répétitif, mais ce roman reste intéressant dans sa description sociale du monde infernal du travail !



Reveline 30/05/2011 17:13



Comme quoi tout est affaire de ressenti ...



Audrey 30/05/2011 14:45



Je crois que c'est la première fois que je lis un article aussi négatif sur ce livre... Ceic dit, c'est vrai qu'il y a quelquechose de frustrant dans ce livre...



Reveline 30/05/2011 17:15



Je suis dure avec ce livre mais c'est plutôt les personnages qui méritent un carton rouge plus que l'histoire ou le style de l'auteure. Mais l'impression négative que procure les personnages
gâche le tout.



pyrausta 30/05/2011 10:02



je na sais pas au final si j'ai aimé.je sias que j'ai ete bouleversee par ce roman qui mettait des mots sur un vecu encore si douloureux (je parle de Mathilde) .Thibaut m'a plu aussi ,desemparé
qu'il est et pas encore capable de reagir,prisonnier de tout son mal de vivre.Je l'ai plaint plutot que condamné.



Reveline 30/05/2011 13:57



Chacun réagit selon son vécu c'est certain. Pour ma part, si je prends les persos en grippe au début après c'est fichu pour la suite. J'ai été plus agacée qu'émue et pourtant j'ai des proches qui
ont vécu le harcélement moral au travail...