« Le requiem des abysses » de Maxime Chattam

Publié le par Reveline

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Editions Albin Michel

Publié en 2011 ~ 448 pages

 Plaisir de lecture
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Quatrième de couv'

Pour oublier le criminel qui a terrorisé Paris lors de l’Exposition universelle de 1900 et se remettre de leurs aventures, l’écrivain Guy de Timée et Faustine, la belle catin, se sont réfugiés au château d’Elseneur dans le Vexin. Mais là, dans une ferme isolée, une famille est assassinée selon une mise en scène macabre, alors que l’ombre d’une créature étrange rode dans les champs environnants…
Guy, dans sa soif de comprendre le Mal, de le définir dans ses romans, replonge dans ses vieux démons, endossant à nouveau ce rôle de criminologue, qui le conduit peu à peu, comme un profiler avant la lettre, à dresser le portrait du monstre. Pendant ce temps, à Paris, les momies se réveillent, les médiums périssent étrangement et les rumeurs les plus folles se répandent dans les cercles occultes…

 

Mon Avis 

 

Suite de « Leviatemps » qui ne m’avait pas totalement convaincue, ce second volet d’un dyptique sur le temps commence par un sombre prologue à l’ambiance très dix-neuvième siècle à la Edgar Poe ou à la Théophile Gauthier. S’ensuivent quelques meurtres atroces décrit avec un grand luxe de détails par Chattam (beurk), des évasions inexplicables de momies et des mystères ésotériques.


Certaines scènes sont à réserver à un public très averti, car presque intolérables.


Deux enquêtes très immersives se suivent en parallèle. On observe la progression des investigations en arpentant le pavé (ou les chemins de terre) aux côtés des personnages principaux. Tout nous est dévoilé petit à petit, par étapes.  Même si Chattam emploie toujours un peu le même modus operandi dans la construction de ses intrigues ce qui explique sans doute une légère prévisibilité des événements. Il multiplie les fausses pistes, les retournements de situations et les chapitres qui se coupent avant une importante révélation.


J’ai trouvé également qu’il était dommage que l’identité du meurtrier soit révélée de manière assez précoce même si cela ne nuit en rien à l’intérêt du roman.


Ce que j’aime vraiment chez cet écrivain c’est que jamais il ne prémâche la réflexion à ses lecteurs. Chaque roman de Chattam est en quelque sorte participatif. L’auteur ne tente pas de prendre de l’avance sur les spéculations du liseur et ce dernier se sent vraiment inclus dans l’histoire, il ne reste pas sur le bas-côté des enquêtes. Je pense que c’est l’une des raisons du succès de Maxime Chattam.


Le style est fluide et volontiers descriptif. Chattam possède l’art des petites phrases qui posent une ambiance, plantent un décor et une atmosphère.


Même si un peu bavard parfois (on a souvent envie de dire à Guy de se taire).


Comme dans le premier tome, je trouve que les personnages fonctionnent mal. Guy est un être sentencieux qui parait trop malin pour être crédible. A tout deviner avant tout le monde il en devient prétentieux et donneur de leçons. Ses atermoiements continuels sur son statut de victime du Mal agacent. Faustine est une fille assez pénible à laquelle on ne s’attache pas. Les dialogues entre ces deux personnages sonnent parfois faux. Cependant, j’ai trouvé l’évolution de leur relation bien amenée et intéressante.


En revanche, l’humour fonctionne bien. Les personnages secondaires sont réussis, même si un peu trop en retrait, notamment ces pauvres gendarmes de province, totalement dépassés par l'horreur des crimes.


Le pittoresque des habitants de la bourgade où se déroulent les meurtres est un atout supplémentaire dans la reconstitution de l’atmosphère d’un village de province du dix-neuvième siècle qui contraste très bien avec l’atmosphère de Paris en 1900, avec ses fiacres, son premier métro, l’exposition universelle, que l’on retrouve de nouveau mise en scène dans la seconde partie du roman.


Aucun doute Maxime Chattam sait stimuler l’imaginaire de ses lecteurs et sait aussi les rouler brillamment dans la farine. Ce nouveau roman est un véritable page-turner impossible à fermer. La fin inattendue et sans concessions m’a complètement scotchée.


Davantage fantastique que polar au contraire du premier segment du dyptique, « Le requiem des abysses » est bien meilleur que « Leviatemps » même si au final les deux romans se nourrissent et s’éclairent l’un l’autre.


C’est pourquoi il convient de les lire obligatoirement dans l’ordre.

 

maximechattampimprenelleLu à l'occasion du RDV de Pimprenelle du 28 mai.

 

Publié dans Découvrons un auteur

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Commenter cet article

Philippe D 10/06/2011 05:55



Je n'ai pas encore rencontré cet auteur mais ça viendra; ma soeur en est fan.



Adalana 30/05/2011 00:27



Je note ce dyptique, meme si je compte terminer la trilogie du mal auparavant :)



Reveline 30/05/2011 14:11



Tu vas te régaler avec la trilogie du mal



Laure 28/05/2011 18:50



Je pense qu'il va falloir que j'achéte "Leviantemps".



Reveline 29/05/2011 14:29



Je pense aussi



Sandrine(SD49) 28/05/2011 18:31



Je ne pense pas lire celui-là, ton avertissement en rouge me refroidit ;-D



Reveline 29/05/2011 14:30



Ah, à toi de voir alors, c'est vrai que certains passages sont très durs à supporter



pimprenelle 28/05/2011 13:38



J'ai l'impression que Chattam flirte souvent avec le fantastique. Cette série me fait envie aussi!



Reveline 28/05/2011 13:48



Léviatemps n'est pas exempt de défauts mais reste fréquentable tandis que Le requiem des abysses est un régal !