[Partenariat] « L'Entier et la Rose, tome 1 : La splendeur du ciel » de Kay Kenyon
Editions Bragelonne Traduit par Olivier Debernard
Resté longtemps leur prisonnier, Quinn réussit à s’échapper et à revenir sur Terre, seul hélas. Sans preuves ni souvenirs précis de son séjour là-bas, personne ne croit à son histoire. Jusqu’au jour où la compagnie Minerva découvre des indices de l’existence de l’Entier. Quinn reçoit la mission d’y retourner, afin d’ouvrir cet eldorado à la convoitise de ses employeurs.
Mais Quinn n’a qu’une idée en tête : sauver ses deux bien-aimées.
J’évoquerai en premier lieu ce que j’ai le plus apprécié dans le roman : son univers. L’univers de « L’Entier et la Rose » est extrêmement riche et possède d’étroites résonnances avec l’univers d’une autre saga célèbre dans la galaxie entière : Star Wars.
Kay Kenyon dote son univers d’une géographie, d’une faune, d’une flore, d’une politique et d’une culture incroyablement inventives. Allant jusqu’à en retracer la création et lui offrir son propre langage : le lucent.
Ce monde voisin du nôtre et pourtant terriblement différent est gouverné par les seigneurs Tarigs, ces créatures ressemblant à des mantes religieuses sont inquiétantes et repoussantes à souhait et constituent l’une des plus grandes réussites du roman. De même que la manière dont la religion est perçue et abordée sur L’Entier. Le concept de l’homme-dieu et du Dieu cruel dont il faut à tout prix détourner le regard sur d’autres avec des prières est véritablement un coup de génie. Oui, car sur L’Entier, on prie pour ne pas attirer l’attention de Dieu au contraire de la pratique de la religion terrestre.
Les peuples de L’Entier se distinguent par leurs caractéristiques physiques. La plupart sont des êtres pensants bien que pourvus d’enveloppes animales. Ces créatures de par leur apparence se rapprochent d’un agglomérat de divers animaux terrestres et forment un bestiaire inédit et fascinant.
Un autre point fort du roman, ce sont ces paysages impressionnants et désolés de L’Entier, si bien décrits qu’ils coupent le souffle. Ce ciel de lave, ces roches volcaniques, cette rivière aux eaux spatio-temporelles constituent une géographie aussi mystérieuse qu’inquiétante.
J’ai aussi beaucoup aimé la beauté exotique des Chalins, l’originalité des moyens de transports empruntés par les personnages au long de l’histoire et le fait que la technologie extraordinairement avancée des Tarigs soit une technologie écologique fondée sur l’utilisation des ressources naturelles et la génétique.
Kay Kenyon emprunte à la civilisation chinoise pour bâtir un univers parallèle passionnant à l’ambiance à la fois médiévale, orientale, totalitaire, utopique et futuriste. L’atmosphère qui se dégage de ce mélange assez inédit est étrange, à la fois attractive mais aussi très dérangeante parfois.
Le lecteur a à la fois un pied sur L’Entier et un pied sur la Rose (la terre) en permanence, ce qui lui confère un agréable sentiment d’omniscience. Face à la guerre qui s’annonce, il a un pied dans chaque camp et cela lui permet de prendre la pleine mesure des enjeux.
Les personnages sont assez nombreux mais je n’ai pas eu de souci pour parvenir à les distinguer les uns des autres. Quinn/Dai Shen, Anzi, Sidney, Cho ... atteignent des sommets de complexité, sont exaltés aussi bien leurs qualités que leurs défauts et l’on a beaucoup de mal à les cerner même au terme du roman. On ne s’attachera pas forcément à eux mais tel n’est pas le but recherché par l’auteure, je pense. Elle vise avant tout à créer des personnages aussi insaisissables que marquants. Et la quête intime du héros Titus Quinn/Dai Shen ne peut pas laisser insensible ou indifférent de même que la douloureuse difficulté de ses choix.
Sur le fond ce premier tome d’une nouvelle saga de science-fiction est quasiment irréprochable. En revanche, sur la forme quelques petits défauts sont à signaler. Si le récit est équilibré, l’intrigue aurait gagnée à être plus condensée et la fin raccourcie car elle s’étire un peu trop en longueur.
Pour conclure et malgré mon manque de références en la matière, je lis peu de science-fiction, la forme et le contenu sont vraiment très bons et nous avons affaire à de la très bonne SF, pour le peu que j’en sache sur le sujet.
Je remercie vivement Les Editions
et Livraddict pour ce fabuleux partenariat qui m'a fait découvrir plus avant les joies et les bonheurs de la science-fiction !