« Un peu plus loin sur la droite » de Fred Vargas

Publié le par Reveline

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Editions J'ai Lu (Policier)

Publié en 2000 ~ 253 pages
 Temps de lecture : 2 jours
Quatrième de couverture
Embusqué sur le banc 102, celui de la Contrescarpe, alors qu'il surveille la fenêtre d'un fils de député bien peu sympathique, Kehlweiler, « l'Allemand », avise une drôle de « bricole » blanchâtre égarée sur une grille d'arbre… Ce petit bout d'os humain — car il s'agit de cela — l'obsède jusqu'à ce qu'il abandonne ses filatures parisiennes pour rallier Port- Nicolas , un village perdu au bout de la Bretagne. Et l'attente reprend au Café de la Halle. Depuis la salle enfumée du vieux bar, il écoute et surveille, de bière en bière, de visage en visage, et fait courir sans trêve, par les routes humides et les grèves désertes, son jeune assistant, Marc Vandoosler, le médiéviste de Debout les morts. Qui tue ?

 

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Lent et statique, le roman met du temps à démarrer. Le point de départ de l’intrigue est plus original que l’intrigue elle-même. Moins maîtrisé que d’autres romans du même auteur, Un peu plus loin sur la droite, souffre de facilités que font oublier les personnages géniaux nés sous la plume de la romancière.

Ce roman met en scène un nouveau personnage, ami d’Adamsberg, Kehweiler dit l’Allemand, s’il est plus drôle que Jean-Baptiste Adamsberg, Louis ou Ludwig, est moins attachant mais tout aussi atypique, lui, qui a de longues conversations avec son crapaud, Bufo.

Le tandem Louis/Marc Vandoosler (Debout les morts), secondé par Mathias, le « chasseur-cueilleur », fonctionne très bien sur une dynamique d’opposition de caractère qui prête souvent à sourire. Certains dialogues sont jubilatoires et le roman bénéficie encore une fois de l’humour décalé que Vargas sait insuffler si parfaitement dans ses intrigues.

On retrouvera ici le regard distancié de Vargas sur les gens, sa bienveillance ironique envers ses personnages, souvent attachants comme Marthe, la vieille prostituée, son sens de la formule et par extension sa poésie des petits riens que j’aime tant.

C’est aussi l’occasion d’un bon bol d’air en Bretagne que de lire ce roman, l’atmosphère languide et suspicieuse d’un petit village mis sur la sellette par des meurtres est très bien restituée. Il y a là un petit côté Simenon dans la description des lieux et des habitants du bourg tombé dans l’apathie des jours. Même si certains protagonistes de l’histoire sonnent un peu faux par leur façon de s’exprimer notamment, à coups de petites phrases philosophiques sur l’existence ou réparties profondes. On a du mal à croire que tous les gens du village puissent s’exprimer de la même manière.

Personnages savoureux et ambiance vivifiante sont les clefs de la réussite de ce bon roman policier, dont l’intrigue est assez classique pour qui connais Vargas, même si le dénouement de l’affaire est plutôt réussi bien qu’assez simple.

Publié dans Thriller

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