[Partenariat] « La Muse égarée » de Brian Stableford

Publié le par Reveline

couv28194386.jpgEditions Rivière Blanche
Publié en 2011, 256 pages
Traduit par Catherine Rabier
Quatrième de couverture

- Il y en a, sur Mnémosyne, qui pensent que vous êtes un magicien, Axel... Il y en a qui pensent que vous êtes le Diable en personne. Dans des moments comme celui-ci, je les croirais presque.

Nous sommes dans un empire romain qui dure depuis deux mille ans et dont le fondateur est un César qui n'aurait pas péri sous les coups de Brutus. Sur l'île Mnémosyne, une petite colonie d'artistes qui vit au côté des marins et des pêcheurs attend avec impatience l'arrivée estivale de ses mécènes en villégiature.

Chacune des trois nouvelles de La Muse égarée met en scène un art différent. Dans L'exposition secrète, c'est la peinture qui est à l'œuvre, et l'inquiétant pouvoir des portraits qui se mettent à vivre...
L'Incube de la Rose met en scène la musique et le duo amoureux d'une harpe et d'une flûte. Les Bras de Morphée voit son narrateur basculer dans le monde de la folie et du rêve, car l'art dont il est question est le morphéomorphisme qui accorde aux amantes du dieu Morphée le pouvoir de diriger les rêves. Mais ce présent a un prix et attire les magiciens avides de pouvoir...

 

Mon Avis

 

 Ces trois nouvelles baignent dans les eaux du fantastique poétique et ont pour point fort leur atmosphère délicatement décadente, érotique et sensuelle. Le désir se mêle à l'Art, à la beauté et au plaisir.


La continuité entre les nouvelles est un point positif puisque nous retrouvons à chaque nouvelle histoire, le même cadre et les mêmes personnages, le tout sous la houlette d'un unique narrateur, le célèbre peintre Axel Rathenius, un homme fort peu sympathique, légèrement obsédé sexuel et très imbu de lui-même, accompagné de son amie poétesse Hécate Rain, personnage dont les potentialités ne sont pas assez développées par l'auteur selon moi. 

 

La mise en place de chaque texte est un peu fastidieuse et il est étonnant d'avoir tant de longueurs dans le format si court d'une nouvelle et pourtant ...

L'ambiance commune des histoires rappelle les romans des grands feuilletonistes français du XIXième siècle : Théophile Gauthier, Gaston Leroux ou encore Alexandre Dumas.

 

L'Exposition secrète inverse le thème du Portrait de Dorian Gray avec talent et sensualité sur fond de rivalité picturale en mettant en scène des personnages savoureux tandis que L'Incube de la rose est une nouvelle subtilement drôle et érotique (ce duo entre flûte et harpe évoquant métaphoriquement l'union d'un homme et d'une femme) empli d'une certaine dose de suspense et de mystère puisque l'auteur laisse la fin à l'interprétation du lecteur.


Paradoxalement, la troisième nouvelle Les bras de Morphée est la plus intéressante mais aussi la plus ennuyeuse de toutes ! C'est aussi la plus longue et j'ai eu beaucoup de mal à la terminer car elle est souvent volontiers bavarde et amphigourique. Pourtant l'Art qu'elle évoque, le morphéomorphisme,  est original et très beau et l'atmosphère sombre et macabre de l'enquête policière qui y est menée n'est pas sans évoquer les romans de Conan Doyle et son fameux Sherlock Holmes.

 

Sans être désagréable, cette lecture exige du lecteur une attention si soutenue pour assimiler concepts et théories sur l'Art, qu'il s'agisse de peinture, de musique ou de poésie, qu'elle en devient hermétique et absconse et que le lecteur peine beaucoup à rentrer dans l'univers mis en place par Brian Stanford.

 

C'est dommage car l'univers inventé et inventif de Brian Stanford possédait en lui-même une grande capacité d'émerveillement, hélas laissée latente.

 

En conclusion, je n'ai ni détesté ni adoré, j'ai passé un moment disons sympathique mais sans plus.

 

L'Auteur


Brian Stableford a un sens infaillible du mystère et du suspense, digne des intrigues policières les plus ingénieuses, et se réclame ici de l'influence des poètes décadents français qu'il a si bien traduits en anglais.

 

Merci infiniment à Bibliofolie et aux éditions Rivière Blanche pour ce partenariat !

 

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Publié dans Nouvelles

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