Cauwelaert, Didier -Thomas Drimm, Tome 1 : La fin du monde tombe un jeudi

Publié le par Reveline

9782226219879.gifCauwelaert, Didier - Thomas Drimm, Tome 1 : La fin du monde tombe un jeudi

Plaisir de lectureico coeur

 

Résumé

 

« Je m’appelle Thomas Drimm, j’ai 13 ans moins le quart et je suis seul à pouvoir sauver le monde. Si je veux… »

Thomas, un enfant ordinaire, se débat entre l’incompréhension de sa mère, la dépression de son père et des problèmes de surpoids. Il vit dans une société où le bio, le bien être et le jeu exercent une dictature absolue sur les esprits. Une société « parfaite », sans guerre, sans religions, où la chance au jeu est le critère de sélection N°1. Infantilisée par le terrorisme du « diététiquement correct », la chasse aux obèses, aux fumeurs, aux buveurs, aux penseurs, susceptibles de « polluer » ce monde idéal.
Un jour, Thomas tue accidentellement un vieil homme, le professeur Pictone, scientifique génial et caractériel au bord d’une découverte majeure, qui va se réincarner dans le nounours du garçon...
Ainsi commence le premier tome de cette formidable saga, synthèse entre le fantastique d’Harry Potter et l’humour réaliste du Petit Nicolas. Les jeunes lecteurs s’identifieront facilement au héros, à sa vision du monde, ses rêves. Au-delà du plaisir de lecture, les adultes y découvriront une réflexion philosophique sur les dérives de notre société.

 

Mon Avis

 

Attention ! Gros coup de coeur ...

Dans ce roman Van Cauwalaert détourne avec talent les codes et les figures imposées du roman jeunesse traditionnel et c'est jouissif. Thomas n'a pas le profil du super-héros : en surpoids et solitaire, affublé d'un père alcoolique et d'une mère cruelle et égoïste, d'une intelligence moyenne, il est un peu couard, pleurnicheur et menteur. Bref, le héros n'est pas très sympathique ni très attachant. Après tout ne le voit-on pas tuer un vieil homme dès le début du livre et maquiller son crime en suicide ? Là est l'audace de l'auteur : sortir constamment des sentiers battus en mettant en scène un anti-héros et les losers qui rejoindront ses rangs.

Thomas vit dans un futur inventé et inventif terrifiant. On se croirait parfois dans le roman de Orwell : 1984, l'humour caustique et décapant en plus, car le roman de Van Cauwelaert est assez hilarant, déjà par les réflexions intérieures de Thomas, sorte de Percy Jackson décomplexé puissance mille, mais aussi grâce aux personnages un brin loufoques et décalés qui gravitent autour de lui, surtout le fameux Léonard.

Comme dans 1984, l'auteur imagine un monde très travaillé qui n'a rien d'utopique et qui de fait paraît crédible. Le monde a explosé sous les missiles, ne reste plus sur terre que les États-Uniques, pays protégé par une barrière d'anti-matière pour contrer les agressions extérieures éventuelles. La société moderne décrite est une société discriminante et dictatoriale placée sous le joug de la Ludocratie et du Hasard, désormais le seul Dieu que le peuple a le droit de prier puisqu'on a fait disparaître les religions. Les casinos sont devenus des lieux de culte et seul le montant des gains gagnés détermine votre niveau social. Société liberticide où les gens sont contrôlés par des puces, où les militaires malchanceux sont fusillés, où les gros paient des amendes ainsi que la famille d'un suicidé car aux Etats-Uniques le bonheur et la chance sont obligatoires, les dépressifs sont jetés en prison et reprogrammés. L'auteur dépeint un monde qui fait froid dans le dos !

Le pouvoir de Thomas car oui, bien que pré ado ordinaire, Thomas est pourtant le seul à pouvoir sauver le monde et libérer les captifs de cette société aliénante, il possède donc en conséquence un grand talent qui rappelle le pouvoir des Médicus d'Oscar Pill mais qui semble  plus protéiforme (projection hors de son corps pendant le sommeil, agit sur la matière...) et nous devrions le voir évoluer dans les prochains tomes de la série. Surtout qu'on s'aperçoit en refermant le bouquin qu'on est tombée sous le charme de ce jeune garçon alors que rien ne nous y prédisposait au début du livre.

Fantastique, science-fiction, ésotérisme et anticipation s'allient dans ce roman pour nous faire passer un excellent moment. Empli d'originalité, d'imagination et de rebondissements, ce premier tome se lit d'une traite tant les bonnes idées fourmillent et donnent envie de tourner les pages. Vous l'aurez compris, j'ai adoré et le recommande chaudement.

Publié dans Roman Jeunesse

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